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4.3.10

Bilan carbone



En terme d'environnement, que penser d'un voyage tel que celui que nous venons de faire?

C'est en comptant les pleins d'essence et les billets d'avion que nous avons commencé à nous poser la question de l'empreinte écologique de notre voyage.
Voyager en van, prendre l'avion, c'est chouette.
Mais voyager en van, prendre l'avion, ça pollue.

Alors voilà, notre bilan carbone nous interroge. Et nous allons (essayer de) le faire.

Estimation de notre empreinte carbone annuelle en France
Note: Nous souhaitions utiliser l'outil bilan carbone personnel, mais malheureusement le site est inaccessible depuis plusieurs semaines. Cet outil permet une évaluation précise de son empreinte selon des facteurs tel le lieu de vie (climat) ou le style de vie (habillement, loisirs, alimentation). L'estimation suivante sera revue lorsque le site sera de nouveau en ligne.

D'après différentes sources ([1] à [6]), et en redressant avec notre style de vie (régime alimentaire, achats, trajets...), on peut estimer notre empreinte annuelle à environ 15 tonnes de CO2/an (pour nous deux).

Répartition:
Appareils électriques, chauffage: 1.5 t
Transports:  9 t (6 pour la voiture, 3 pour les extras type train, avions...)
Achats: 3 t (transport, manufacture...)
Travail: 1.5 t

Total de référence: 15 tonnes de CO2. 

Estimation de notre empreinte carbone pendant l'année sabbatique
 - trajets 
Pour commencer, on a beaucoup pris l'avion. 16 fois. Ce qui donne ([4],[5],[6]):

Aller Paris-Melbourne via Singapour - 7,37 tonnes CO2
Aller-Retour Melbourne-Launceston (Tasmanie) - 0,56 t
Aller-Retour Melbourne-Auckland (NZ) - 2,32 t
Aller-Retour Darwin-Bali (Indonésie) - 1,52 t
Aller Sydney-Auckland - 0,95 t
Aller Auckland-Christchurch - 0,44 t
Aller Christchurch-Melbourne - 1,06 t
Aller-Retour Melbourne-Launceston - 0,56
Aller Melbourne-Auckland - 1,16 t
Aller-Retour Auckland-Christchurch - 0,88 t
Aller Auckland-Paris via Singapour - 8,16 t

A noter, beaucoup de compagnies aériennes proposent désormais de compenser les vols effectués (certaines avec un succès inattendu)



Et puis on a beaucoup roulé!
25000 km en van (diesel) en Australie - 8,39 t
10000 km en train en Australie - 0,5 t (0.025/pers/km [7])
6000 km en van (essence) en NZ - 1,95 t

Total transports: 46 t (j'arrondis :-)

Sinon nous avons mené un rythme de vie très simple:
- électricité: négligeable: 0,5 t
  • pas de chauffage
  • pas d'électricité à part celle que nous utilisions pour recharger nos appareils
- achats, alimentation: 1,5 t
  • pour ainsi dire pas de viande (l'impact carbone de la consommation de viande, en particulier de bœuf, est très élevé)
  • année sobre: pas d'appareils, pas de fringues...
Note: ces chiffres sont approximatifs car le bilan carbone d'une activité dépend de chaque pays: type de transport, type de génération d'électricité... sont différents en France, en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
    Total année sabbatique: 48 t.

    Bilan
    Pas de doute nous avons rejeté plus de carbone cette année.  3 fois plus qu'en une année à Rennes! Voyager, et surtout prendre l'avion (35 tonnes sur les 48), grève le bilan de façon très importante.

    L'idée nous est alors venue d'effectuer une compensation-carbone de notre voyage. Nous ne sommes pas très fans de cette idée de compensation-carbone, car il ne s'agit ni plus ni moins que de s'acheter un droit à polluer (et une bonne conscience ?) alors que le vrai problème est de ne pas polluer tout court. 
    Mais en même temps, c'est mieux que rien.
    Il est extrêmement difficile de s'y retrouver dans le maquis des organismes compensateurs ([8],[9],[10]). La tonne de carbone y varie de 7 à 25 euros.

    Après recherches et cogitations, nous avons opté pour l'organisme Climat Mundi où nous avons acquis pour environ 200 euros de carbone, c'est à dire entre 8 et 30 tonnes selon les estimations. Il ne s'agit au final que d'environ 1% de notre budget total. Voici notre zouli certificat.



    Voilà, c'était la page carbone de ce blog. Ce n'est pas parfait, mais c'est un début ;-)

    Sources
    Données générales
    [1] http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3catid=12599
    [2] http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/FRA/fr/EN.ATM.CO2E.PC.html

    Calculateurs
    [3] http://www.calculateurcarbone.org/
    [4] http://www.planete-urgence.org/vous/calcul-CO2.php?L=FR
    [5] http://www.climatmundi.fr/lng_FR_srub_10-compensation-carbone.html
    [6] http://www.actioncarbone.org/index.php

    Autres
    [7] http://www2.ademe.fr/servlet/getBin?name=CD6902D1AAFD8740470C44C136A32C451169215062423.pdf

    Compensation
    [8] http://www.climatmundi.fr
    [9] http://www.actioncarbone.org
    [10] http://www.jpmorganclimatecare.com

    2.3.10

    Les questions du retour

    Voilà quelques jours maintenant que nous sommes de retour.
    Voici un petit best of des questions que l'on nous pose. Une sorte de FAQ du voyageur de retour!

    C'était bien?
    Oui, et c'était même très bien.
    Le billet de bilan donne probablement déjà une bonne idée des raisons qui nous ont fait adoré ce voyage mais plus simplement: nous n'avons jamais regretté notre choix.
    Cette année nous a comblés. Nous avons trouvé ce que nous cherchions: voir une partie du monde que nous ne connaissions pas, rencontrer des gens, bref changer de vie. Mais autant que les paysages et les rencontres, c'est l'expérience d'un long voyage qui a été fantastique et tout ce que cela implique sur soi, le recul que cela crée, le changement de point de vue, le fait que cela remette beaucoup de choses à sa place. On revient un peu pareil, et un peu différent aussi.
    Cela restera une très belle tranche de vie.

    C'est quoi le meilleur souvenir?
    C'est peut-être une des questions les plus dures (comment choisir un moment parmi tellement de sensations?), mais on se lance.

    Sylvain
    Impossible de sortir un meilleur souvenir, alors voilà mon best-of:
    - snorkeller sur la Grande Barrière de Corail
    - passer un mois dans un vignoble
    - sauter en parachute au-dessus des lacs et montagnes néo-zélandaises
    - une soirée entourée de kangourous
    - les ambiances de Western Australia
    - l'expérience d'une île déserte
    - la région du Milford Sound (NZ)
    - la rando du Tongariro (NZ)
    - une balade en bateau (NZ)
    - la région de Wanaka et Queenstown (NZ)
    - la tournée des grands ducs pour les fêtes de fin d'année
    - les rencontres
    - les ptits moments de la vie sur la route (par ex. la bière de fin de journée devant un paysage de dingue).

    Hélène
    J'en ai déjà parlé dans le billet de bilan... Deux souvenirs m'habitent particulièrement:
    - rouler le soir en Western Australia, avec de la bonne musique et le désert avec les couleurs de fin de journée
    - la dernière soirée à Meredith, pendant laquelle j'ai observé les kangourous prendre leur dîner... Entendu les kookaburras se répondre d'un bout à l'autre du bush... Senti la terre, les eucalyptus.


    C'est pas trop dur de rentrer?

    Si. 
    Rentrer, c'est l'acte définitif qui scelle la fin du voyage. Il faut alors accepter que ce grand projet est fini, qu'il doit désormais devenir un souvenir (arg) alors que ce fut notre présent pendant très longtemps. Le voyage est long et on finit par croire qu'il ne finira jamais, et pourtant, un jour, on se retrouve à l'aéroport et il est temps de repartir.
    Ce qui est difficile, ce n'est pas seulement de se dire que dans quelques jours on recommence à travailler, que les vacances sont finies, c'est aussi de quitter quelque chose dans lequel on a été très impliqué émotionnellement.
    Nous ne savons pas trop pourquoi (parce que le voyage est long? parce que tout est en contrat à durée déterminée?...) mais nous avons eu l'impression que tout était plus fort, plus intense, en particulier les rencontres .... et donc les séparations. C'est dur de quitter des lieux et des gens, sans savoir si nous pourrons nous revoir. Sans que ce soit prémédité nous avons vécu les deux derniers mois en NZ comme une transition. Comparé à l'Australie, nous  nous sentions davantage touristes, et moins impliqués. Revenir directement d'Australie aurait sûrement été bien plus difficile. Heureusement, être deux change tout car on peut en parler et se soutenir.

    Au passage, on parle toujours du retour mais nous avons trouvé que c'était au moins aussi difficile de partir. Faire le choix de se mettre en dehors du circuit, arrêter de travailler, de gagner de l'argent, les questionnements sur la carrière, l'annoncer à son entreprise, quitter son appart, les amis, la famille, son environnement familier...Toutes ces étapes n'ont pas été un long fleuve tranquille. Et le jour du départ, dans le train qui nous emmenait à Roissy, avec notre vie dans nos sacs de 20kg, avec tout à faire devant nous, on n'en menait pas large.
    En résumé, avant ce n'est pas facile car on ne sait pas où on va (suis-je en train de faire une connerie?) et après, ce n'est pas facile mais au moins on sait pourquoi on l'a fait :-)

    Ce qu'il faut éviter par dessus tout, ce sont les comparaisons du style "Dire qu'il y a un mois j'étais...".
    Un exemple?

    Deux vies très différentes à un mois d'intervalle

    Une autre chose qui se révèle parfois surprenante, ce sont les réactions. Il y a de tout:

    - Un regard droit dans les yeux, parfois un bon gros hug, accompagnés d'un "Ca va, pas trop dur?" profond, plein de sympathie. La question n'est pas pour la forme, certains ont déjà été à notre place ou se sont vraiment demandé ce que ça pouvait faire de revenir. C'est sincère, c'est chaud, ça fait du bien.
    - D'autres fois nous avons ressenti comme une sorte de gêne face à notre réponse honnête (quand on répond  "Ben moyen, c'est pas toujours super facile"). Comme si cette réponse était inattendue.
    - Et enfin parfois nous nous sentons accueillis comme si l'on était parti hier, l'impression que  l'on serait parti faire les courses, cela serait pareil. Pas une question, pas une remarque... Ce sentiment que l'on ressent comme de l'indifférence est difficile pour nous car on rentre d'une expérience à part, qui nous marque profondément et on se sent fort de tout ça, on a envie de le partager, de répondre à des questions, d'échanger... Ca fait un peu bizarre. Cela remet à sa place, on se redit dans ces moments-là qu'on fait vraiment ce genre de voyage pour soi. Tout cela est sans doute un peu égoïste et égocentrique et nous savons que c'est une mauvaise chose de transférer ses désirs sur les autres, mais c'est ainsi qu'on le ressent :-)
    Donc oui, ce n'est pas évident de rentrer, c'est une étape délicate, mais c'est aussi le moment de partir vers de nouveaux projets.


    Et vous avez travaillé?

    Ben heu, non.
    Au moment de partir, nous pensions travailler. D'ailleurs nous avons fait des recherches et puis ce qu'on voulait faire n'a pas pu se faire et finalement nous avons pris le partir de "juste" voyager. Sans regret aucun. Nous avions la chance d'avoir assez de sous de côté pour réévaluer notre budget et ça restera une magnifique expérience que de ne pas travailler pendant un an, d'enlever "ça" de nos journées. Je crois aussi que nous n'étions pas "prêts à tout" pour travailler: ou bien on trouvait un job qui nous enrichissait (au sens figuré principalement) ou bien on préférait ne rien faire. On a peut-être un peu vieilli sur ce terrain-là :-)

    Le côté négatif de ne pas travailler aurait pu être de limiter les rencontres mais le HelpX a plus que compensé.


    C'est passé vite, non?
    Oui...et non.
    Oui car en rentrant on a cette sensation bizarre d'être parti la veille, voire de n'être pas parti du tout. Le souvenir du voyage flotte comme une sorte de rêve et on n'est plus très sûr qu'il a eu lieu. Comme si on raboutait le jour du départ au jour de l'arrivée, c'est assez étrange. Et on est surpris de la vitesse à laquelle on reprend (ou on est tenté de reprendre) nos habitudes.

    Non car nous avons vraiment profité du voyage sans avoir l'impression qu'il filait à tout vitesse ou que nous n'avions pas prise sur lui.


    Ah, on pensait que vous reviendriez pas! / Ah, vous n'avez pas eu envie de rester?

    Peut-on voyager là-bas sans s'imaginer y rester? On en doute...
    Le moins que l'on puisse dire c'est que la qualité de vie australienne et néo-zélandaise nous a interpellés. En Australie: le beau temps permanent; en Nouvelle-Zélande: la diversité des paysages; partout: des espaces naturels fantastiques, un littoral superbe et de la place, beaucoup de place.
    Et il y a aussi le style de vie, qui nous a semblé marqué par une capacité à profiter des petits plaisirs et par le rôle bien moins important du travail (le fameux vivre pour travailler vs travailler pour vivre). Le outdoor lifestyle n'est pas un mythe. Quand on n'est pas dehors à faire du sport ou un BBQ, on est dans les restos ou les bars, car sortir ne coûte pas cher.
    Cela dit, nous ne voulons pas tomber dans le piège de l'idéalisation dans lequel il est facile de tomber, encore plus quand le voyage est relativement court... Un pays se juge aussi sur d'autres critères: santé, retraite etc. etc. ...
    Mais pourtant :-)
    Nous étions en break de nos boulots respectifs donc la question ne s'est jamais posée. Mais sans contrainte de retour et ayant trouvé un job intéressant, cela doit être tentant. Au moins pour une tranche de vie. Seul vrai inconvénient à nos yeux: c'est (vraiment) (très) loin.

    1.3.10

    L'addition s'il vous plaît! (et autres chiffres...)



    Pas de bilan sans quelques chiffres!

    Combien de jours?
    385 jours de voyage (416 jours sans travail pour Sylvain en ajoutant les quelques jours avant et après, 423 pour Hélène).

    Combien de nuits en van?
    Environ 190 nuits.

    Combien de pannes?
    4 (une durit du circuit d'eau, une poulie, une autre poulie et ... heu ... un moteur).

    Combien de temps dans des familles Helpx?
    Environ 12 semaines.


    Combien de photos?

    7315 (19 par jour)



    Combien de billets sur ce blog?
    Celui-là est le 356ème (et un des tous derniers).



    Nombre de kangourous écrasés?
    0.


    Combien de km parcourus?
    Environ 30 000 km en van (25 000 en Australie, 5 000 en NZ)
    Environ 11 000 en train
    Et beaucoup, beaucoup en avion...

    Et en litres d'essence ça fait combien?
    En prenant en compte la conso de nos van: environ 3 000 litres.

    Combien d'avions?
    17 décollages
    16 atterrissages (les lecteurs assidûs sauront pourquoi :-)

    Rando la plus longue?
    20 km

    Quel budget pour une année sabbatique comme celle-ci?
    Notre budget total s'élève à environ 25 000 euros.
    Dont:
    . 3 000 pour les billets d'avion
    . 1 000 en préparatifs: assurance, visa vacances-travail, achat d'un mini-pc...
    . 4 000 pour le van (achat+réparations-revente)
    . 1 800 pour la location du van en NZ
    Du coup le budget mensuel était d'environ 1 200 euros pour nous deux pour le reste (nourriture, excursions, essence, vols intérieurs...)

    A notre grande surprise, notre niveau mensuel de dépenses s'est révélé identique à celui que nous avions en France. Voyager ne nous a pas fait dépenser plus.

    Combien d'argent gagné?
    Pas un centime.

    26.2.10

    Morts au combat



    Une année sabbatique, ça met les affaires à rude épreuve. 
    Entre les semaines en Helpx à 4 pattes dans la vigne, le fait de s'asseoir un peu partout, les randos, le sable, la poussière... 
    Ce billet est donc dédié à une partie de notre équipement qui n'aura fait qu'un aller simple vers l'hémisphère Sud, à ces affaires qui nous auront certes rendu un fier service mais nous auront lâchement abandonnés.

    Pour Sylvain
    1 pantalon
    1 appareil photo
    1 tee-shirt
    2 slips
    1 corsaire
    1 paire de pompes de rando

    Pour Hélène
    2 pantalons
    1 corsaire
    1 tee-shirt
    2 slips
    1 paire de tennis




    Paix à votre âme.

    25.2.10

    Trophée des commentaires



     
    Un blog ce sont des billets bien sûr, mais un blog c'est aussi des commentaires. 

    Merci à tous ceux qui nous ont envoyé un petit mot pendant cette année. Croyez-nous, alors que nous étions au fin fond du bush, vos quelques lignes nous faisaient vraiment très plaisir.

    Le temps est donc venu de célébrer les commentateurs de ce blog. Attention, tapis rouge, roulement de tambour, bienvenue à la cérémonie de remise du Trophée des commentaires d'"Une année sabbatique la tête en bas"!
     
    Avant la remise du trophée, la tradition veut qu'on fasse patienter l'audience avec quelques chiffres:
    21 commentateurs sont passés écrire quelques lignes sur ce blog pour un total de 140 commentaires postés. Hors catégorie, Hélène et moi avons répondu à 90 reprises.

    Et maintenant, le podium!

    En 3ème position, opossum de bronze: Aymeric et Chloé, 9 commentaires. 

    Vient ensuite Olivier, kiwi d'argent, 10 commentaires.

    Et enfin le grand vainqueur, notre kangourou d'or, qui très vite écrasa toute velléité de compétition: Sébastien, loin devant avec 56 commentaires !
    Sébastien se voit remettre le trophée, un superbe porte-clef décapsuleur kiwi qui part dès aujourd'hui au courrier. Bravo Seb!


    Le reste du classement
    5 ex aequo - Mat, Christophe (7 commentaires)
    7 ex-aequo - Corinne, Denis, Cat (6 commentaires)
    10 - Benoît (5 commentaires)
    11- Anne (2 commentaires)
    12 ex-aequo - Julien B, Gwenn, Olive Tree Guitar Ensemble, Rachel, Patrick, Laurence, Nolwenn, Erwan, Henry, Kelig (1 commentaire)

    Sur ce s'achève la remise de Trophée. Merci à tous d'avoir fait vivre le blog avec vos commentaires :-)

    Note: chiffres valides au 24/02/2010 à 19h06.

    24.2.10

    Alors, une année sabbatique, c'est bien?

    Mise en garde: ce billet contient une forte teneur en états d'âme.




    Sylvain

    L'année sabbatique, c'est finalement une sorte de gros big-bang.
    Prenez votre vie "normale", enlevez-y votre boulot, votre logement, votre TV, votre Playstation, vos factures, vos activités, vos sorties, vos amis, votre famille... En gros virez à peu près tous les repères, habitudes, routines et contraintes de la vie courante (les impôts, le loyer...), ajoutez beaucoup beaucoup de temps libre,  partez loin, secouez bien fort et servez frappé.
    Voilà, vous êtes en année sabbatique à l'autre bout du monde.

    Je ne sais pas si une année sabbatique c'est bien en général, ce que je sais par contre c'est que cette année sabbatique fut fantastique. 
    Au moment de partir je me rappelle me dire que ce genre d'année n'avait pas d'obligation de réussite. On a le droit d'être déçu, d'être déboussolé, de ne pas se plaire, d'avoir le mal du pays... Bref je me disais que peut-être, si ce n'était pas aussi bien qu'espéré, nous serions de retour plus tôt. 
    Cela ne s'est pas produit.
    Pas de mal du pays et pas une seule fois je  me suis dit "Mais qu'est-ce que je fous là?". Je me suis petit à petit glissé dans le voyage et plus les mois passaient plus je l'appréciais.

    Il y a quelques semaines, nous étions avec Paul sur son bateau, en train de traverser la Mercury Bay. Il fait beau, nous passons un super moment, on file à toute vitesse sur l'eau, je croise son regard et il nous dit, à Hélène et moi, "It makes you feel alive, doesn't it?" (Ça rend vivant, hein?).
    Et effectivement, cette année je me suis senti très vivant.


    • souvenirs
    Une année sabbatique, ce sont d'abord des souvenirs. C'est la première chose qui me vient à l'esprit quand j'y songe: tout ce qu'on a mis dans la malle à souvenirs, toute cette densité, l'impression d'avoir vécu 5 années en une. Une sorte de gros mille-feuille rempli d'impressions, de rencontres en pagaille, d'une foule de paysages incroyables, de couchers de soleil, d'expériences inattendues, de craquages, d'animaux, de petits et de grands instants, des galères aux moments de plénitude.
    Et si ça se passe comme tout au long de l'année, plein de souvenirs vont encore prendre du relief et de la patine avec le temps. Ça promet :-)
    • le privilège du temps
    C'est probablement ce qui m'a le plus marqué: avoir plein de temps. Ce temps libéré est bien sûr le résultat de l'abandon de toute activité professionnelle mais ce n'est pas tout. Le fait de quitter son pays et d'être sur la route a un effet démultiplicateur. Cet abandon de toutes les contraintes quotidiennes, de tous ces petits trucs qui prennent 1/2h par ci, 1h par là. Une année sabbatique en restant chez soi est sûrement très différente.

    Au début, le changement d'échelle est un peu vertigineux (tout ce temps libre devant soi, arg!) mais il devient vite absolument génial: on compte en semaines au lieu de compter en jours, en mois plutôt qu'en semaines. On peut se permettre de rester dans un endroit qui plaît, on peut décider de ne rien faire, tout cela n'a pas de conséquence. Dans une année sabbatique, ce qu'on ne fait pas aujourd'hui, on le fera demain, ou pas du tout, ce n'est pas grave.  On ne regarde plus la montre, on ne dit plus "mais on n'a pas le temps".  
    Jamais nous n'avons planifié plus de 2 ou 3 mois en avance, pour laisser la place aux coups de tête et à la spontanéité.
    • liberté
    C'est peut-être la sensation la plus difficile à décrire, mais avoir 13 mois devant soi, plus qu'une année à écrire, c'est excitant, flippant aussi mais cela procure un sentiment de liberté incroyable. On se retrouve à avoir (presque) tout le temps le choix. On sait qu'il ne tient qu'à nous de faire ce que l'on veut faire, d'aller là où on a envie, de travailler (ou pas), d'aller dans des familles (ou pas)....
    Par ailleurs, le road-trip exacerbe tout cela: le terrain de jeu, c'est la carte de l'Australie. Parcourir les étendues immenses, dormir n'importe où, se demander "comment ce sera là-bas?", y aller, s'extasier (ou pas d'ailleurs)... Ce sont des moments très fort de liberté totale.


    • les yeux ouverts
    Je me suis plu à être dans cet état de curiosité, d'éveil permanent. Comme si on éteignait certaines zones de son cerveau et qu'à la place on sollicitait des endroits inhabituels.
    • s'occuper de soi
    Ce fut un grand plaisir de cette année. Une année sabbatique, c'est finalement une année pour soi, rien qu'à soi. Le seul objectif, jour après jour, c'est de faire des trucs chouettes, de faire ce qu'habituellement on repousse sans cesse dans la "vie normale". Visiter ce qui nous plaît, se baigner si on en a envie, lire si et autant qu'on le veut, cuisiner ce qui nous tente... Et ce pendant des mois. On n'est pas toujours habitué à autant "se chouchouter", à autant s'écouter. Ça fait du bien.
    • recul, retour à l'essentiel
    Là encore, j'ai l'impression d'enfiler un autre lieu commun comme une perle mais tant pis c'est ainsi, quand on se retrouve sur la route, avec toute sa vie dans son sac, sans tentations ni contraintes, cela crée une sorte de prise de recul, de changement de point de vue assez surprenant.
    On apprend beaucoup sur soi, des choses se confirment, d'autres s'infirment mais une chose est sûre, on finit par  (mieux) savoir ce qui compte, ce qui manque. Et au final, bah ya pas grand chose qui manque. Peut-être aussi parce qu'on sait que tout ceci a une durée limitée.
    • le détachement
    Sûrement une conséquence de tout le reste. Les semaines passant, j'ai senti une sorte de détachement devenir de plus en plus fort. Évidemment, par la force des choses, on se détache de la télé, du téléphone portable...Mais je me suis aussi détaché de l'actualité, de l'envie de répondre rapidement à mes emails... Assez subtilement, on s'installe dans le voyage et on finit par "rejeter" ce qui semble nous ramener à la vie normale.
    Au final, si ce n'était l'aspect pratique lorsqu'il y a des démarches à faire (réservations, comparaisons...), je pense que l'idéal est de ne même pas avoir d'ordinateur portable.


    • soi
    Un effet collatéral de se retrouver avec ce temps libre est qu'on se retrouve ... en face de soi. 
    Les contraintes de la vie "normale" nous poussent souvent à être dans l'action, le mouvement permanent, presque compulsif. On passe rapidement d'une tâche à l'autre, on essaie tant bien que mal de gagner du temps. En vacances, on fait tout pour en profiter, parce que ça ne va pas durer, dans quelques jours on retourne au boulot.
    Nous aurions pu avoir deux attitudes devant tout le temps qui était subitement à notre disposition: chercher à le remplir, être tout le temps dans l'action. Nous avons parfois cédé à cette tentation, en le regrettant.
    L'autre attitude est plus difficile, car elle consiste à se prendre à rebrousse-poil: accepter ce temps, accepter de ne rien faire, de ne pas chercher à le remplir, juste d'être quelque part, de profiter d'un endroit. Nous avons été surpris de voir comment nous réagissions à cette sorte de limitation de vitesse que nous nous imposions. De toutes les leçons de ce voyage, ce passage au"slow" restera un des plus enrichissants.
    Pour reprendre l'expression d'un célèbre patron de chaîne, avoir tout ce temps, jouir de tout cette liberté, cela donne beaucoup de temps de cerveau disponible. L'esprit part explorer des territoires inconnus, il vagabonde, beaucoup de temps pour penser, réfléchir, on fait des rêves surprenants, on a plein de temps pour discuter, on se trouve plus créatifs...

    D'une certaine manière, j'ai ressenti un glissement du faire à l'être. En écrivant cela, je repense aux mots de Wayne. 
    Wayne construisait sa maison depuis 5 ou 6 quand je lui ai demandé: "Mais tu n'en as pas marre parfois? N'es tu pas dans l'attente continuelle d'avoir enfin fini?". Et Wayne de me répondre: "Mais il n'y a rien d'intéressant dans le fait d'avoir fini. Je suis heureux dans le processus." ("We are happy at doing it") (J'ai ramené cette remarque sous le bras, et je crois que je suis encore en train d'en saisir la portée).
    • les autres
    Une année de balade, ce sont aussi des rencontres. Et sur ce sujet, on peut dire qu'on n'aura pas été déçu. Cela a commencé avec Marie, notre coloc à Melbourne, puis cela a continué toute l'année avec les semaines dans des familles HelpX et au gré des rencontres sur la route. L'ouverture vers les gens restera un gros souvenir de mon année.

    Il y aurait beaucoup à dire sur une année comme celle-là mais comme je n'ai pas comme objectif de battre le record du plus long billet je vais m'arrêter là.


    En un mot: une année "bigger than life".



    Hélène

    Une année sabbatique, c'est pleins d'étapes qui s'empilent. D'abord les quelques mois avant de partir, où l'on lâche progressivement ce qui nous rattache à la France: le boulot, l'appart, les proches... Et puis comme l'a dit quelqu'un qui m'est cher, "une fois dans la piscine, je nage", et je suis bien.

    Il m'a fallu un peu de temps pour apprivoiser le potentiel d'une telle année. Au début, c'était un peu flippant d'avoir autant de temps devant moi... Ça titille mes envies, ce que j'ai envie d'en faire. Et rapidement, j'ai adoré le sentiment de liberté (aller où l'on veut, faire ce que l'on veut, sans contrainte, ne pas être aliéné par la routine) et le temps que cela dégage. Temps pour réfléchir, faire le point, faire les choses lentement. Ne pas s'étourdir dans le quotidien mais être en face de soi.

    La tranche Perth-Darwin reste pour moi le symbole des émotions d'une telle année: on roule, il a fait chaud dans la journée mais ça se rafraîchit, le soleil est couché mais les couleurs bleues/mauves/roses perdurent dans le ciel et contrastent avec la terre rouge, on est tout seul sur la route, on écoute de la bonne musique, l'esprit vagabonde.. Et on sait que l'on va sûrement dormir dans un coin chouette. Un sentiment de liberté très puissant.


    Les paysages
    Fin décembre, on a montré des photos de notre périple et en voyant tous ces paysages défiler, des eaux turquoises de la Western Australia aux crocos du Nord, de la barrière de Corail aux montagnes néo-zélandaises... Waouh. On a empilé des paysages dingues et des ambiances qui m'habiteront longtemps.

    Les dodos dans la nature
    Quoi de plus chouette que de dormir au bruit des vagues? De se réveiller le matin et d'entendre les kookaburras rire et se répondre? Prendre son petit déj devant la mer turquoise, ou devant un lac entouré de montagnes?
    J'ai savouré ces moments, des pépites de vie.

     

    L'absence de travail
    Je n'en doutais pas, mais j'ai eu la preuve que le travail ne m'a pas du tout manqué :-) Quel plaisir de ne pas travailler, ou alors de découvrir autre chose! (cf. vignoble ou maison en paille). Plaisir de se lever tôt (vous avez bien lu!) pour regarder le lever de soleil (et se rempaffer), ou pour faire une rando... Ou plaisir de la grasse-mat :-)

    Le plaisir de l'anglais
    J'aime les langues étrangères, notamment l'anglais, et j'ai été servie! Dérouillage de l'oreille en début de séjour, frustrations d'avoir perdu depuis le Canada et impression de ne pas progresser, corrections et explications de Marie qui réfléchit à sa langue et était toujours disponible aux questions. Plaisir de voir que les expressions idiomatiques rentrent et restent dans le cerveau... Plaisir d'entendre Marie dire fin décembre que notre anglais était meilleur, plus fluide, et que l'on parlait très bien.
    Pendant cette année, j'ai lu, lu et lu en anglais, et c'était bien! Ce que j'ai aimé, c'est tous ces magasins de bouquins d'occasion, cavernes d'Ali Baba où je pourrais passer des jours.



    Les rencontres
    Difficile de ne pas évoquer les rencontres car pour moi elles sont la colonne vertébrale d'un voyage. J'ai encore un peu de mal à me replonger dans tous les moments que l'on a partagés, tant cela fait remonter des émotions... J'ai été bluffée par la générosité des Australiens, à leur capacité d'ouvrir la porte (de la conversation aussi bien que de la maison) à des étrangers; idem pour les Kiwis, par exemple à Flaxmill Bay. J'ai aimé leur côté direct, sans chichi, et cela m'a aidée à recevoir sans tortiller. Ces rencontres prennent une intensité particulière quand on est à l'autre bout de la planète... J'ai apprécié leur disponibilité et leur curiosité. Et je me sens honorée de leur gentillesse et de leur accueil.
    Les quelques jours à Meredith à Noël gardent une saveur particulière pour moi, car je pensais avoir un coup de blues du fait de ne pas être en France pour ces fêtes de fin d'année. Et puis finalement, certes j'ai eu une grande pensée pour ma famille et je savais que le retour dans l'Hexagone était proche, mais j'étais bien car je me sentais en famille, à ma place.



    Voyager léger
    Pas évident de mettre sa vie dans un sac de 20 kg... Expérience intéressante, car, au final, je n'ai manqué de rien.

    Le soutien des proches
    C'est quelque chose qui a été très important pour moi cette année: savoir que mes proches suivaient mon périple, étaient intéressés, se sentaient concernés. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de penser à moi malgré la distance!

    Pour répondre à la question, cette année sabbatique, c'était bien :-)

    23.2.10

    Alors la Nouvelle-Zélande, c'était comment?

    Fin du périple en Nouvelle-Zélande, voilà le moment venu de répondre à notre question rituelle: Alors, la Nouvelle-Zélande, c'était comment?

    Sylvain
    On parle tellement de la NZ, de sa beauté, de sa pureté que forcément, même inconsciemment, je pense que ça avait créé quelques attentes. Récemment, le pays a reçu une publicité monumentale et providentielle avec la trilogie du "Seigneur des Anneaux".

    Hé bien pour moi la Nouvelle-Zélande n'a pas failli à sa réputation. C'est beau.

    De massifs montagneux en cascades, de fjords en sources d'eau chaude, de criques aux eaux turquoises en lacs aux couleurs incroyables, voyager en NZ est un régal. Le pays est relativement petit (environ la 1/2 de la France) mais les paysages sont d'une grande diversité. Après 11 mois en Australie, on a retrouvé nos repères européens où le décor peut radicalement changer en juste 100 km. 
    De manière générale j'ai l'impression d'avoir vu plus de paysages qui font "Wow!" en NZ qu'en Australie. L'Australie est fantastique mais je pense que c'est davantage un pays d'ambiance, d'atmosphère. Il faut se poser, humer l'air, prendre le temps... En NZ, on cumule les panoramas grandioses, les 360° incroyables, en un sens c'est un plaisir plus immédiat. 
    Comme l'Australie, le pays est très peu peuplé (4 millions d'habitants) et tout cet espace procure un grand sentiment de liberté. D'énormes portions du territoire sont encore absolument sauvages, quasiment vierges de présence humaine.
    C'est également un rêve de voyageur en van: coins magiques pour dormir, points d'eau courants, douches (même chaudes!) faciles à trouver. Le "Department of Conservation" y est pour beaucoup avec son réseau de terrains de camping pas chers, voire gratuits.
    Un petit bémol pour finir. Notre contact avec la population aura été assez ... surprenant. Entre les allumés qui ont joué au rodéo devant notre van une nuit pour nous faire peur, ou ce fermier qui n'avait rien trouvé de  mieux que nous faire un doigt d'honneur pour retourner notre salut, plus que de l'indifférence c'est presque de l'antipathie que nous avons ressentie à plusieurs reprises. On ne généralisera pas mais après la série de chouettes rencontres que nous avions faites en Australie, ça nous a surpris :-)


    Bien
    - vivre un nouvel an en été, à la plage, superbement accueillis dans une maison familiale
    - partager la fin du voyage avec Mathieu et Fred
    - revoir David, notre copain qui vit à Auckland
    - voir des volcans de près
    - l'apéro au homard près de Kaikoura
    - les phoques, keas, wekas, yellow-eyed pinguins... (ok je suis un peu gaga avec les animaux)
    - la région de Queenstown et Wanaka: sommets enneigés, vallées zébrées de cascades, lacs... La barre est haute.
    - la côte Ouest (île du Sud): perdue, mystérieuse, brumeuse.
    - les fjords: c'est beau, tout simplement
    - la péninsule au nord d'Auckland: des petits coins extras à quelques heures de la capitale... Quelques jours de camping bien sympas pour nous.
    - le saut en parachute. IN-OU-BLI-A-BLE
    - ça ne coûte pas cher de sortir en NZ: cafés, restaus, "take-away", très souvent les prix  affichés étaient les mêmes qu'en France... mais en dollars NZ, c'est à dire moitié moins une fois convertis en euros.
    - généralement, la qualité de vie.

    Pô bien
    - les $!#& de sandflies
    - la pluie, qui peut vraiment gâcher de nombreuses journées, même en plein été
    - les zozos qui nous ont fait décamper une nuit 
    - tomber en rade et être bloqué deux jours
    - le pain: encore pire qu'en Australie (pourtant...)
    - des bourrins vraiment bourrins, surtout au volant
    - ne pas avoir eu le temps (je sais ça fait pas sérieux de dire ça) de faire une rando en kayak.


    Hélène

    J'ai aimé
    - Une transition en terme de températures (ça aurait été encore plus dur de passer de l'Australie à la France!)
    - Une transition avec la venue de Mathieu et Fred, une réacclimatation à la France en douceur
    - Une transition dans le fait que ces quelques semaines kiwis étaient moins "chargées" émotionnellement que ce que l'on a vécu en Australie
    - les paysages de l'île du Sud, majesté de la nature
    - en général, le côté sauvage des paysages que l'on a admirés, sans "pollution" de l'homme
    - le coin de Wanaka, mon chouchou
    - le saut en parachute
    - les randonnées 4 étoiles
    - le plaisir de revoir David régulièrement
    - la gentillesse de Russell
    - les baignades à Kohimarama
    - fêter mes 30 ans à Auckland, en été, avec les copains, et au champagne! (merci Fred et Mathieu!)
    - revoir Arnaud et Kristell
    - la générosité de Barbara, et de Paul et Pauline
    - fêter le Nouvel An au soleil, au bord de la mer
    - les quelques jours à Flaxmill Bay
    - la balade sur le "Montigo Bay"
    - tous les dodos dans des endroits magiques...
    - les manifestations volcaniques, "Mother Nature is the boss" comme on dit!
    - le plaisir de voyager avec Mathieu et Fred
    - la fille du puisatier :-)
    - le soleil du mois de janvier!


    J'ai moins aimé
    - le côté "voitures qui font du bruit/je fais crisser mes pneus/je fais peur aux touristes"
    - un accueil que j'ai ressenti moins chaleureux qu'en Australie
    - la pluie de décembre, parfois démoralisante
    - déçue de ne pas nous être mieux organisés pour faire des randonnées de quelques jours
    - une société qui m'a semblé plus traditionnelle, par exemple la place de la femme
    - les moustiques près d'Hokitika
    - les sandflies dans le Fjordland
    - le voyage en avion... C'est très très long.

    5.1.10

    Bye Australia


    L'avion qui nous ramène en Nouvelle-Zélande est l'occasion de répondre à la toute dernière question.

    Alors, l'Australie, c'était comment?

    Avertissement: ce post est plein d'états-d'âmes et de considérations pseudo-sociolgiques de comptoir. Vous aurez été prévenus :-)

    Sylvain

    Je me rappelle très clairement les toutes premières semaines du voyage où, bien que nous parcourions de très beaux paysages, peu d'entre eux déclenchaient le fameux "wow".
    Et puis le temps a passé et petit à petit le charme a opéré. Discrètement, mais puissamment.

    Au final, l'Australie est un pays qui s'apprivoise. A moins que ce ne soit le contraire.

    Difficile de décrire le sentiment de liberté lorsque l'on parcourt pendant des semaines les grandes étendues de l'"outback". Des milliers de kilomètres de paysages rugueux, de terre rouge où chaque fin de journée apporte un coucher de soleil à tomber par terre, où chaque incursion sur la côte offre des plages de carte postale. J'ai découvert et aimé ces tranches de vie en van.

    Partout on sent une sorte de lutte permanente pour la survie: contre les tempêtes, contre la sécheresse, contre les nombreux animaux mortels...Dans bien des endroits, le peuplement par les "Blancs" et le style de vie occidental nous a semblé complètement contre-nature. Il ne faudrait pas grand chose pour que tout s'effondre.

    Quelques lieux restent particulièrement imprimés: la Grande Barrière de Corail, les gorges du Karijini, la forêt humide au nord de Cairns, notre île désert dans l'archipel des Whitsundays, le parc du Kakadu...


    Cette nature incroyable ne serait pas la même sans tous les animaux. Des oiseaux, dont les chants nous ont accompagnés partout où nous étions, aux inévitables kangourous, sans oublier les koalas, les possums, les ornithorynques...

    J'ai souvent vu associé un poème lorsqu'on parle de l'Australie et plus les semaines ont passé, plus ses mots m'ont semblé justes. Il s'agit de  "My Country", par Dorothea Mackellar.
    Extrait:
    I love a sunburnt country,
    A land of sweeping plains,
    Of ragged mountain ranges,
    Of droughts and flooding rains.
    I love her far horizons,
    I love her jewel-sea,
    Her beauty and her terror -
    The wide brown land for me!
    L'Australie ce sont bien sûr aussi des gens.
    D'un côté, des rencontres avec des personnes d'une générosité incroyable, qui ouvrent leur porte au bout de cinq minutes, toujours prêts à échanger quelques mots, à donner leur adresse, curieux du voyageur de passage (mention spéciale à Marie, notre coloc de Melbourne, qui aura profondément influencé le déroulement de ce voyage).
    Des semaines passées en Helpx à vivre aux côtés de gens que nous n'oublierons pas et généralement une capacité à profiter de moments simples (un BBQ, une glacière, dans un coin chouette).

    De l'autre une belle proportion qui possède tout l'attirail du gros bourrin (tuning+muscu+footy+bière),  des personnes rapidement désagréables quand on agit "différement", un mentalité de cowboys sur bien des aspects (mon troupeau, ma terre, mon flingue), une société inquiétante sur des sujets comme l'homosexualité  (les dernières lois pénalisant l'homosexualité ont été supprimées en 1997 en Tasmanie) ou le droit à l'avortement, et un comportement que j'ai trouvé schizophrène par rapport aux enjeux écologiques (une sorte de confiance totale dans l'ingénierie pour régler les problèmes, une dépendance incroyable aux énergies fossiles (transport, génération d'électricité...),  le tout sur fond d'industrie minière surpuissante. Ca c'est le verre à 1/2 vide. Côté verre 1/2 plein: les ampoules basse-consommation, les chasses d'eau à double capacité, les pommes de douche à limitation de débit ou la récupération de l'eau de pluie sont quasi généralisées).

    L'Australie c'est un style de vie.
    L'"outdoor lifestyle" n'est pas un concept lorsque chaque ville, chaque village propose ses parcs, jardins et barbecues gratis. Sans oublier les milliers de kilomètres carrés de parcs nationaux et un littoral hors du commun. Des villes qui s'étendent le long de la côte, où la plage est comme une seconde maison. Un pays inondé de soleil, où nous ne serons jamais dit "demain, s'il fait beau, on pourrait...".
    Le style de vie, c'est sans doute aussi le résultat du croisement de toutes les cultures qui font le pays. Les grandes villes sont incroyablement cosmopolites et la cuisine, par exemple, est un intéressant mélange de Moyen-Orient+Indonésie+Inde+Chine+Italie+Grèce. On peut très bien manger en Australie (ne cherchez quand même pas un fromage au lait cru...). Et on y a bu de supers vins.  Sans oublier de chouettes bières. Nous avons également depuis longtemps arrêté de compter les petits cafés où on a envie de passer l'après-midi à bouquiner ou discuter. Manger dehors ne coûte rien, tout est fait pour sortir, et ça se voit.
    Je pourrais aussi parler du dynamisme qui transpire un peu partout. A l'échelle du pays, c'est bien sûr le dynamisme économique, mais à l'échelle des personnes, c'est la capacité à mener des projets (même en  étant âgé) et à avoir confiance.

    L'Australie, c'est enfin la rencontre avec la culture aborigène.
    Un génocide qui saute aux yeux dès qu'on gratte un peu "The White  Australia" et dont les survivants errent souvent comme des fantômes (c'est un cliché, mais c'est vrai). Un peuple massacré par l'arrivée des Blancs mais, heureusement, une culture encore vivante, que nous n'avons qu'effleurée, mais qui est passionnante.
    Ce qui s'est passé ici n'est probablement pas pire que ce qui arrivé aux Indiens d'Amériques ou aux peuples d'Amérique du Sud (par exemple), mais c'est terriblement plus récent. Deux films que nous avons vus cette année parlent bien de cette triste page de l'histoire australienne: The Tracker et The Proposition (le dernier est sorti récemment en France).

    Avec le temps, les expériences, les paysages , les régions, tout a pris un relief inédit. Une claque, mais une claque au ralenti.

    Alors oui, l'Australie, c'était bien :-)

    Hélène

    [Note: chaque bilan a été écrit séparément, c'est marrant de voir les choses qui se recoupent ;-) ]

    Difficile de résumer autant de sensations et d'émotions en quelques mots!
    Tout d'abord, l'Australie est un pays que j'ai apprivoisé (ou qui m'a apprivoisée): des paysages que je ne trouvais pas forcément beaux au début du voyage  me semblent plus vivants maintenant, je reconnais les animaux, les arbres, les plantes, la vie qu'il y a derrière, ainsi que l'histoire des lieux. Et je ressens désormais fortement leur puissance, que ce soit dans le bush de Victoria ou l'outback désertique et ses lumières magiques de fin de journée.
    Je crois que je garderai très longtemps les sensations de la "tranche" Perth-Darwin, les fins de journées avec de la bonne musique et les couleurs du coucher de soleil dans le désert, le vent encore chaud, la terre rouge... Difficile de se lasser.

    Toujours dans la catégorie "nature", les gagnants sont les kangourous et les kookaburras, ainsi que les koalas et les wombats. "Hopping kangaroos" que l'on a croisés presque quotidiennement, et toujours avec autant de régal. Et la soirée "feu d'artifice" dans les Snowies durant laquelle on a eu la chance d'admirer de près les bébés "joeys" dans la poche et de prendre (trop) de photos (n'est-ce pas Sylvain!).
    Le "laughing kookaburra" m'a enchantée à chaque fois (sauf à Wilson Promontory où il m'a volé un bagel) par son chant, ou plutôt son rire: impressionnant et tordant même si on en a entendu tous les jours! Leur rire va me manquer! Sans doute est-ce une caractéristique australienne après tout: ils sont relax et mordent dans la vie, même les oiseaux s'y mettent et se tordent de rire! A quand les kookaburras en France pour égayer l'ambiance??

    Les koalas empaffés... On n'en a vu que 2 "in the wild" mais j'ai été émerveillée, timide devant cet animal  rare.

    Enfin, souvenir ému des wombats à Kangaroo Valley, notamment celui qui avait élu notre van comme grattoir de dos.


    Difficile de parler de mes souvenirs de cette année sans évoquer la gentillesse des Australiens, leur manière de profiter de la vie, de vivre l'instant, de fourmiller de projets. Comme je le disais plus haut, on a rencontré beaucoup d'Australiens qui mordent dans la vie, qui changent de boulot/d'orientation quand ça ne leur convient plus, qui s'arrêtent de bosser de temps en temps pour réaliser un projet... D'un optimisme qui fait du bien!
    Je  n'oublierai pas leur convivialité et leur accueil, et leur confiance. Que ça fait du bien de vivre dans un pays qui base les relations sur la confiance et non pas la défiance. Qui ne prend pas autrui comme menaçant mais potentiellement intéressant.
    Enfin, un côté "straightforward", c'est à dire direct: quand ils ont envie de quelque chose, ils le disent, si quelque chose ne va pas, ils le disent, bref ils ne tortillent pas et c'est reposant je trouve! Au moins avec eux un "oui" est un oui, et si non il y a, eh bien ce n'est pas grave...

    Les nominés dans la catégorie "personnes":
    - le premier oscar va à Marie, notre coloc de Melbourne, qui nous a permis de rencontrer ses parents, sa coloc, Barbara, Sue et Colin (et leur maison en Tasmanie), et surtout avec laquelle on a passé de superbes moments. Belle rencontre, sur la terrasse de l'appart, ou à manger une glace à Lygon St, ou dans un parc à lire /faire la sieste, ou chez ses parents. Je me sens très chanceuse et honorée de ce beau cadeau de la vie.
    - Peter et Christine, ses parents (que de bons moments ensemble, à discuter, jouer à la pétanque ou aux fléchettes, se balader!)
    - Sue, Colin et Emma (et leur baraque de Sisters Beach)
    - Linda et Jean à Perth, la simplicité et la chaleur de leur accueil
    - les Herriot à Manjimup, les chouettes soirées autour d'un bon verre (euh plutôt de bonS verreS)
    - Lin et Wayne à Carters Ridge, tout était simple, chacun était là pour le meilleur
    - Jacqui, Mathew et Stan à Sydney, remplis de vie et de gentillesse
    - revoir ma chère Kristina à Canberra
    - dans un autre genre, Paul et Alana qui nous ont permis de découvrir le Purnululu
    - Dédé, le "bullshit guy" de Tasmanie qui m'a bien saoûlée avec ses théories à deux balles. 



    Sans transition, je suis contente de tout ce que j'ai appris grâce aux expériences Helpx, notamment la construction en paille.  


    Sans vouloir casser l'ambiance, j'ai été choquée par l'apartheid qui existe de facto en Australie. Je trouve difficile de ne pas être triste voire révoltée devant l'extermination des Aborigènes par les premiers Européens, le déracinement et donc la disparation de leur culture. "Food for thought" devant la toute puissance et l'arrogance blanches.

    La sécheresse est un autre sujet inquiétant, j'ai beaucoup d'interrogations sur la gestion future des ressources en eau, j'espère que des choix courageux seront faits rapidement.

    Le pain carré, une abomination culinaire. Beurk!

    Sinon, pour finir sur une note positive, je garderai longtemps en mémoire le défilé des plages de sable blanc et eaux turquoises... La beauté du littoral est dingue, à l'Ouest comme à l'Est, dommage qu'il y ait crocos, requins, méduses et autres joyeusetés!


    Enfin, je ne peux boucler ce résumé australien sans évoquer notre van bleu clair, qui certes nous a allégés de quelques billets mais qui nous a permis de découvrir d'une belle manière les entrailles de l'Australie... Tous ces petits moments (petits déj, couchers de soleil, dodos au son des vagues) que j'ai savourés, qui continueront à m'habiter pendant longtemps.

    PS j'ai oublié le cheesecake du Vegie Bar de Melbourne qui me laissera un souvenir dingue :-)
    Ca me permet de parler de la cuisine australienne, très ouverte sur d'autres cultures, qui mélangent cuisine thai, vietnamienne, italienne, grecque, française, etc. Et de chouettes plats végétariens à profusion. Miam!

    19.12.09

    Bye Bye New South Wales

    Dernier des Etats australiens que nous aurons visités, la Nouvelle Galles du Sud ne nous aura pas déçus.

    Alors, c'était comment?

    Sylvain
    Catégorie Rolls-Royce
    - une fois de plus, un littoral de malade, et cette fois-ci sans méduse ni croco. Juste des requins.
    - Yamba, petit bled avec des plages à 270 degrés...
    - Minnie Water, petit bled où pour la première fois un employé municipal nous propose de rester dormir
    - les rochers peints de Nambucca Heads
    - Newcastle, pour l'ambiance
    - Sydney, parce que bon ... Sydney quoi
    - la soirée kangourous
    - le coin de Port Stephens
    - se baigner
    - 6 Mile Creek, 3 jours à glandouiller (il aura fallu attendre 10 mois :-)
    - quelques lieux pour dormir qui resteront: Nobby Heads en plein coeur de Port McQuarie; Pretty Beach au sud de Sydney; le lookout près de Dorrigo
    - généralement, la côte au sud de Sydney, peu touristique, sauvage (Eden, Narooma, Pretty Beach....)
    - un muffin inoubliable à Byron Bay
    - voir des baleines
    - vendre le van
    - Jacqui et Stan, qui auront tout fait pour nous accueillir à Sydney

    Catégorie Trabant
    - les Snowy Mountains, que j'ai trouvées décevantes
    - le van qui fait clong
    - snif, c'en est fini de l'Australie...

    Hélène
    - le cheesecake de Byron Bay
    - s'arrêter pour le p'tit déj en face de la mer... Et apercevoir des baleines au loin.
    - le snorkelling à Nelson Bay (nager avec une tortue, c'est pas mal!)
    - p'tit déj près de Woolgoolga
    - dodo à Nobby Heads (plage devant et derrière le van, y a pire)
    - dodo au look out de Dorrigo (ah l'ambiance dans l'arrière-pays... J'adore).
    - Nambucca Heads et ses eaux turquoises
    - les baignades quotidiennes dans une eau fantastique
    - revoir Kristina à Canberra
    - la visite des coulisses du Parlement

    - lire, lire et lire à 6 Mile Creek (et puis dormir aussi)
    - prendre une douche en pleine nature à 6 Mile Creek, au "bucket" mais eau tiède
    - cuisiner entourée de kangourous à Tom Groggin
    - se faire réveiller en pleine nuit par un wombat qui se gratte contre le van à Kangaroo Valley
    - la glace à la mangue à Kangaroo Valley (Fred, j'ai pensé à toi!)
    - admirer pendant des heures les bébés kangourous dans la poche de leur mère... Craquants.
    - le rire des kookaburras
    - la générosité et la gentillesse de Jacqui qui nous a accueillis
    - Mathew, auprès duquel j'ai beaucoup appris; quel bonhomme plein de vie!
    - Stan, accueillant et gentil, et Belle, gentil toutou

    - Pretty Beach: le soleil, le sable blanc, les eaux turquoises et les kangourous.
    - les eaux de Sydney... Une ville incroyable. 
    - la soirée ballet à Sydney Opera House
    - vendre le van et avoir un poids en moins
    - la douche tiède de Eden, la douche chaude de Jervis Bay
    - nager avec une stingray à Jervis Bay
    - le côté relax de la côte Sud de Sydney, "traveller-friendly"
    - le petit bar en face du port à Eden, et leurs propriétaires hyper gentils...

    En moins bien....
    - la douche froide qui fait mal aux oreilles à Berrimah
    - les aires de repos nases en NSW
    - le "clong" qui a alimenté de nombreuses conversations...

    1.11.09

    Bye Bye Queensland


    En passant le sommet d'une petite montagne, nous voilà dans l'état de New South Wales.


    La première chose que l'on remarque c'est une caméra postée au-dessus de la frontière.


    Le petit texte sous la caméra nous renseigne que "des caméras enregistrent le mouvement du bétail vers l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud".

    L'Etat craint-il l'arrivée de moutons clandestins?
    C'est non sans une certaine appréhension que nous franchissons la frontière et quittons le Queensland.

    Alors, le Queensland, c'était comment?

    Hélène
    - La magnifique Grande Barrière de Corail, les coraux majestueux
    - La tranquillité de Noah Beach dans le Daintree National Park
    - Les grands et nombreux aigles près de Cloncurry
    - la rencontre avec Wayne et Lin, leur hospitalité simple et chaleureuse
    - la fraîcheur des Atherton Tablelands, après la fournaise de l'Outback
    - les coraux à quelques mètres du rivage à Bundaberg
    - la simplicité de l'accueil d'Anne-Marie à Beenleigh
    - l'expérience "Robinson Crusoé" sur Denman Island
    - les gens qui nous ont pris en stop à Fraser Island, nous évitant une (très) longue marche dans le sable
    - se baigner dans les lacs de Fraser Island après quelques heures de rando
    - la maman kangourou et son petit vus près d'un look out, à un mètre du van
    - l'excellente cuisine végétarienne de Lin
    - les bonnes ondes dans leur maison en paille
    - le réveil quotidien au chant des oiseaux à Carters Ridge
    - la soirée au bord du feu avec toutes les personnes du camping dans le Eungella National Park
    - la connexion internet qui boostait chez Lin et Wayne, me permettant d'appeler longuement la famille.

    En moins bien:
    - les sandflies de River Heads
    - les véhicules qui se sont rabattus vite devant nous, en nous projetant des cailloux (j'adore les impacts sur le pare-brise)
    - Surfers Paradise
    - la pluie et le brouillard dans le Springbrook National Park...

    Sylvain
    -Le Queensland, c'est un concentré d'Australie à lui tout seul.
    -Le Cap York, tout au nord (dont je parie que ce sera la prochaine nouvelle frontière quand le Kimberley sera passé de mode) à explorer en 4x4 (Note pour plus tard: à faire dans un prochain voyage)
    -Les espaces majestueux et vertigineux de l'Outback
    -Les collines verdoyantes de l'arrière-pays de Cairns ou de Brisbane
    -La forêt humide
    -Brisbane, la ville en pleine explosion, sous le soleil chaque jour de l'année
    -Cairns la nonchalante qui vit au rythme tropical de la saison sèche et de la saison humide
    -La Grande Barrière de Corail à propos de laquelle on a épuisé les superlatifs
    -Un littoral à tomber par terre
    -Toutes les saloperies que l'Australie peut compter comme bestioles: les crocos, les araignées, les méduses, les serpents... tout.

    Je serais commentateur sportif, je dirais que le Queensland est bon dans tous les compartiments du jeu.

    Quant aux impressions plus concrètes:
    Miam
    - la Grande Barrière de Corail. FAN-TAS-TI-QUE.
    - le snorkelling à Bundaberg: des poissons et des coraux accessibles du rivage
    - la route vers Cairns, qui donne une idée de l'Outback, de sa rugosité et de sa beauté
    - une expérience Helpx inoubliable
    - camper sur une île déserte, un sacré souvenir
    - plus globalement, l'archipel des Whitsundays, c'est quelque chose
    - l'accueil chaleureux à Brisbane par la maman d'une des familles Helpx de Western Australia
    - la bière, bien moins chère qu'en NT ou WA
    - les énormes lézards
    - le Cap Tribulation, on peut voir ce que le capitaine Cook a vu la première fois qu'il longea ce rivage
    - Fraser Island, on pourrait (devrait) y passer des jours à randonner entre rivage et lacs (en essayant de ne pas se faire bouffer par les dingos)
    - la route côtière entre Port Douglas et Cairns
    - les platypus du parc du Eungella
    - le smoothie de Millaa Millaa, dans les Atherton Tablelands
    - le hummus de ce petit restau libanais à Cairns
    - dormir au bord du lac Tinaroo, dans les Atherton Tablelands

    Beurk
    - Gold Coast, ou comment ravager une côte sublime
    - les 4x4 sur Fraser Island, ya un truc qui cloche dans cette façon de "visiter" un lieu unique
    - ne pas être allé s'enfoncer dans le Cape York

    16.9.09

    Welcome Queensland...Bye bye NT...


    De nouveau, nous laissons un Etat derrière nous et pouvons faire un bilan.
    Alors, le Northern Territory, c'était comment?

    Sylvain
    Ces quelques semaines en NT m'auront donné l'impression de franchir une étape dans ma compréhension du
    pays. Au moins sur deux aspects, c'est comme si un coin du voile s'était levé.

    L'australie aborigène
    On sentait bien depuis plusieurs semaines qu'il était vraiment possible de venir dans ce pays et passer complètement à côté de ce pays parallèle. En NT, l'Australie aborigène saute aux yeux et on a enfin une chance d'apprendre et de comprendre ce que fut le pays avant l'arrivée des Blancs et ce qui perdure de la culture aborigène.

    La guerre
    Les dommages subis par l'Australie nous paraissent, à nous Européens, bien peu de choses. Et pourtant, vu d'ici (l'Etat est littéralement truffé de panneaux "WWII site", "WWII historic area" indiquant ici une ancienne base, là un camp d'entraînement, une piste d'atterrissage...), les attaques japonaises sur le nord du pays et la peur d'une invasion furent un choc inouï. Les combats menés pour parer cette invasion ainsi que les milliers de soldats morts sur les champs de bataille en Europe ont joué un rôle fondamental dans la construction de l'identité nationale. C'est aussi à cette époque que l'Australie quitta le giron britannique pour devenir un allié proche des Etats-Unis.

    Bref, vu de loin, un passage en NT semblerait presque dispensable (2 gros sites touristiques: Uluru et Kakadu et c'est tout) et finalement j'en viendrais presque à me demander si culturellement ce n'est pas l'Etat le plus important, en tout cas celui où réside l'âme australienne et peut-être celui d'où sortira une solution au "problème aborigène".

    La ouinne
    - passer un cap dans la compréhension du pays!
    - le tissu culturel d'Alice Springs: musée, galeries...
    - les piscines naturelles du parc du Litchfield
    - le parc du Kakadu. Enfin l'impression de visiter un lieu habité (autant physiquement que spirituellement)
    - Kata Tjuta et Uluru
    - The Ghan, pour ceux qui aiment le train, permet de toucher du doigt l'immensité du pays et de sentir le temps s'étirer
    - les crocos!
    - les swags, c'est super
    - Darwin

    La louze
    - le van qui tombe en rade. Ca fait des souvenirs certes...
    - le tarif délirant pour accéder à Uluru
    - The Ghan: beaucoup trop surévalué en terme de richesse de paysage. En gros, du bush, du bush et ... encore du bush
    - Kakadu, 18h, le soleil se couche. Le ranger finit sa présentation et montre du doigt la zone humide au loin: "You see there? There are 400 millions mosquitoes and they are all LOOKING AT US!"

    Hélène
    - Travers St, notre rue de résidence à Darwin (devant le garage)
    - le smoothie à la mangue du night market de Mindill Beach
    - Fannie Bay
    - les piscines naturelles du Litchfield, en particulier Greenant
    - les talks et balades guidées des Rangers dans le Kakadu National Park
    - la sensation de toucher, enfin, à la culture aborigène (Kakadu)
    - les énormes aigles de l'Outback (en particulier autour de Cloncurry)
    - l'ambiance relax de Darwin
    - la soirée auprès du feu dans le Litchfield, avec des marshmallows grillés
    - la finale de Wimbledon (yes Federer a gagné!) dans le camping où l'on est tombé en panne...
    - la vitalité culturelle d'Alice Springs (avec le regret de ne pas y avoir passé assez de temps)
    - Uluru et Kata Tjuta, la beauté du désert australien
    - l'expérience très australienne des swags
    - voir des crocodiles dans leur espace naturel à Kakadu
    - sans oublier... la chorégraphie réussie d'Yves lors du premier soir dans le désert, à sortir et rentrer dans la voiture :-)


    - Katherine et son nombre de bars, bottle shops, zonards...
    - les moustiques de Kakadu
    - la gare du Ghan à 10 km du centre ville, prenant au piège les touristes (taxi ou navette de la compagnie??)
    - le prix d'entrée dans le parc national pour Uluru, exorbitant.

    3.9.09

    Back from Bali

    Retour à Darwin (que cette fois nous allons vraiment pouvoir visiter :-)

    Alors Bali c'était comment?

    Sylvain
    Difficile de faire beaucoup plus contrasté que ce passage entre le Territoire du Nord australien et Bali. La nourriture, la dimension des routes, la spiritualité, les couleurs, le relief, la densité... tout est différent, et généralement à l'opposé. Et cela a donné une sacrée saveur à ce voyage. C'est mon premier séjour en Asie et ça m'a donné énormément envie d'y retourner, hors saison, et surtout plus longtemps.
    Rarement j'ai eu à ce point l'impression que tous mes sens étaient mis à contribution. Visite d'un temple, bon plat balinais, fleurs, massages... que manque-t-il?

    Je me rappelerai: la cuisine, la gentillesse et le sourire des habitants, la beauté des temples, les paysages de rizières, Nusa Penida, des lieux pour se poser et réfléchir, les volcans et de manière générale une culture traditionnelle dense et pleine de vie.

    En négatif, je retiendrai une tendance à faire payer systématiquement, à tondre le touriste, qui n'augure rien de bon pour la suite. Grrr.

    Hélène
    Le sourire des gens
    La gentillesse des Balinais
    Les chouettes tenues des Indonésiens, éclatantes de couleurs
    La bonne bouffe (nasi goreng et mie goreng, miam!)
    Les rizières à perte de vue
    Les montagnes centrales et leur tranquillité
    Nusa Penida, encore vierge du tourisme de masse

    En moins positif:
    La conduite "n'importe quoi" des Balinais dont le motto est "je pousse même si j'écrase mon voisin, et ça passe" (qui se vérifie dans une ligne d'attente aussi)
    Les toilettes, jamais propres
    L'avidité des Balinais qui font monter les prix de manière hallucinante du fait des touristes
    L'avidité du gouvernement qui tape sur chaque touriste: une taxe pour l'entrée en Indonésie (50$), une taxe pour sortir (50$).

    8.7.09

    Northern Territory


    Bye bye la Western Australia! Après environ 3 mois de balade, nous passons dans l'Etat du Northern Territory.

    Question désormais habituelle: alors la Western Australia, c'était comment?

    Sylvain
    Je retiendrai, dans le désordre:
    - Kalgoorlie, pour l'ambiance spéciale d'une ville minière (bon ok aussi un peu pour les skimpies :-)
    - l'immensité. On a parcouru 9 000 km dans l'Etat et il y aurait encore tellement à voir
    - le littoral: des kilomètres de sable blanc, d'eaux turquoises... un vrai régal pour se baigner, snorkeller, voir un coucher de soleil ou juste dormir en pleine nature
    - les grandes forêts de "karri trees" au sud
    - un mois fantastique au cœur d'un vignoble
    - une nature hostile: entre les raies venimeuses, les méduses tueuses, les crocos, les serpents et les araignées... on découvre ce que c'est d'être méfiant en balade. Et en même temps, rien de tout ça n'empêche les Australiens de s'installer et de se promener dans des endroits d'une hostilité incroyable. Le tout avec un grand fatalisme (Question: "Il y a des crocos dans cette rivière?" Réponse typique: "Y'en a. Faut faire attention").
    - le parc du Karijini et celui du Purnululu.
    - Perth et Broome, dont j'ai vraiment aimé l'ambiance
    - ma première vraie rencontre avec l'art aborigène
    - en bonus, un parcours cadeau, qui peut se faire en 3 semaines et laissera à coup sûr des souvenirs pour toujours:
    Arriver à Perth. Partir vers Coral Bay profiter de cette petite baie abritée pour se baigner. Monter à Exmouth, profiter quelques jours du snorkeling et des petits campings au bord de l'océan. Visiter le Karijini en passant par la route magnifique en venant de Mynila Roadhouse. Ensuite passer quelques jours à Broome et se laisser bercer par le Broome Time et les couchers de soleil sur Cable Beach. Emprunter la Gibb Road et admirer le Kimberley de l'intérieur à grands coups de chutes d'eau et de baignades dans les piscines naturelles. Pour finir, le parc du Purnululu. Fin du voyage.

    J'ai moins aimé:
    - plusieurs fois, une attitude un peu schizophrène par rapport aux voyageurs en van comme nous. Tolérés mais faut pas trop nous voir (beaucoup de panneaux "no camping") ...
    - un dépendance au pétrole incroyable. C'est bien joli de vivre loin de tout mais entre l'acheminement de la nourriture ou des biens manufacturés, le pompage ou la désalinisation de l'eau, le tourisme 4x4_avec_mon_gros_générateur... Tout est basé sur le pétrole.

    Pour conclure, beaucoup de voyageurs viennent en Australie sans passer par l'Etat de Western Australia:
    trop grand, points d'intérêts trop éloignés les uns des autres... Je pense que c'est passer à côté de quelque chose. L'état est une sorte de pays à part entière (j'essaierai d'en reparler dans un post dédié car ce ne fut pas loin d'être le cas), avec sa culture et un esprit encore très "cow boy".

    Hélène
    - 3 mois de voyage dans le van, un rythme et une manière de vivre qui me conviennent bien et me font superbement profiter du voyage
    - un territoire vaste, on peut faire 500 km sans rencontrer âme qui vive...
    - les couleurs du désert au coucher de soleil, qui font partie des moments d'apesanteur
    - le Purnululu National Park, que je tenais à voir avant de mourir (ça, c'est fait!)
    - le Karijini National Park, surprise de majesté
    - les plages de sable blanc avec des eaux turquoises (sans croco ni méduse)
    - Broome et son rythme indolent
    - l'aquarium et le snorkeling fantastiques dans le Ningaloo Reef!
    - la soirée à Fowler's camp, avec un des plus beaux couchers de soleil "so far"
    - la bière "Little Creatures" à Fremantle
    - les quelques jours avec les adorables Linda et Jean à Perth
    - le mois de découvertes biodynamiques et œnologiques à Manjimup
    - toutes les douches froides de ces 3 mois (spéciale dédicace à celle de Kalbarri en soirée)
    - tous les réveils et petits déjeuners en face de la mer (en particulier à Yallingup, Smith Point, ainsi que dans le D'Entrecasteaux National Park)
    - l'accueil des Australiens et leur générosité (une grande pensée pour ceux qui nous ont permis de visiter le Purnululu)
    - les couchers de soleil à Cable Beach
    - les fins de journée de route avec de la bonne musique
    - les forêts de karris
    - Big Brook à Pemberton
    - les nombreux aigles que l'on a vus au-dessus de nous pendant les heures de route

    En moins positif:
    - la découverte des µ%ù§§§ de sandflies qui m'ont littéralement bouffée
    - les "no camping" à Coral Bay et Exmouth
    - les groupes électrogènes des campeurs australiens le soir dans les aires de repos
    - la personne qui nous a dénoncée au ranger à 6h du mat' pour "camping illégal" à Broome